20260310 LINCORRIGIBLE AMATEUR D'ÉCHECS
Message aux conseillers départementaux de la Dordogne
Madame, Monsieur,
En tant que président de l’association DIGD (Défendre l’Intérêt Général en Dordogne), je me permets de vous adresser le document en pièce jointe, fruit d’une analyse citoyenne des pratiques politiques qui, depuis plusieurs années, interrogent la démocratie locale en Dordogne.
Cet article, bien que satirique, s’appuie sur des faits documentés et des questionnements légitimes. Il ne s’agit pas d’une attaque personnelle, mais d’un appel à la vigilance collective pour garantir que les décisions publiques servent l’intérêt général, et non des stratégies individuelles. Il serait utile que chacun, élu ou citoyen, se remémore les principes énoncés dans la Charte de l’élu local, partie intégrante du Code général des collectivités territoriales.
Nous restons à votre disposition pour échanger sur ces sujets, dans un esprit constructif et respectueux.
Cordialement,
Théophile Pardo
Président de DIGD
PS : La loi du 22 décembre 2025 a renforcé le statut de l’élu local, notamment en matière de déontologie. Vous trouverez une synthèse des principes clés sur vie-publique.fr, et le texte officiel sur Légifrance.
Parmi les évolutions, une obligation nouvelle nous semble particulièrement importante : la déclaration des dons et avantages reçus dans le cadre du mandat. Un rappel utile, car le respect des principes éthiques est au cœur de la confiance citoyenne."
L’incorrigible amateur d’échecs
À DIGD, on le sait bien : Germinal Peiro a une passion pour les pions. Pas ceux en bois, non, mais ceux en costume-cravate. Les maires, les conseillers, les présidents de communauté de communes… Tous semblent se transformer en figurines dociles sur son échiquier personnel. Dernier coup en date ? Un maire "conseillé" de ne pas reconduire sa liste, histoire de libérer la place pour un candidat plus… compatible avec ses plans. Et si l’on en croit les rumeurs, la reine de cet échiquier pourrait bien porter un visage familier : celui de son épouse, discrètement positionnée pour la présidence de la Comcom Vallée de l’Homme.
Un joueur qui n’aime pas perdre
Dès 2014, Germinal Peiro montrait déjà son talent pour mélanger les genres. Comme le révélait Sud Ouest, le député socialiste était co-rédacteur d’une lettre aux militants du canton de la Vallée de l’Homme pour soutenir un binôme bien particulier aux départementales de 2015 : celui formé avec… sa propre épouse, Marie-France Gauthier-Peiro. Une manœuvre qui avait fait grincer des dents, même au sein du PS local. "En politique, on ne retient jamais ses coups", écrivait Marianne en décembre 2014, soulignant l’embarras des militants face à cette courte échelle électorale un peu trop familiale. Résultat ? L’opération avait échoué, mais le style Peiro, lui, était déjà en place : tout contrôler, même les règles du jeu.
En 2016, il préparait sa succession pour les législatives de 2017. Sud Ouest publiait un commentaire sous le pseudo "Paisible", osant suggérer que Peiro utilisait ses fonctions pour favoriser sa famille. L’élu, contrarié, porte plainte pour diffamation. Il gagne en première instance, puis en appel, avant que la Cour de cassation ne lui rappelle les règles : "Paisible" n’avait pas diffamé, il avait le droit de critiquer. Un revers cuisant, sans possibilité de recours, pour un homme habitué à imposer sa loi.
Des échecs en série
Depuis son élection à la tête du Conseil départemental en 2015, Germinal Peiro enchaîne les coups tordus. Le contournement de Beynac, son projet phare, se solde par des condamnations à répétition et une enquête pour abus d’autorité (Marianne, septembre 2024). Résultat ? Des millions d’euros gaspillés, un environnement saccagé depuis dix ans, et un tribunal administratif qui finit par tout annuler. Échec et mat pour le contribuable, mais lui, il recommence.
Aujourd’hui, les cases de son échiquier périgourdin portent des noms évocateurs : Beynac, Vézac, Castelnaud, Sarlat, Vallée de l’Homme, Affaire Cérou, Faillite ?… et bien sûr, une reine en embuscade. Combien de temps encore les Périgourdins devront-ils accepter de jouer les figurants ?
Quelle trace laissera pour la postérité un tel élu ?
Références :
— Marianne, « Clochemerle Dordogne : le député PS, sa femme et la courte échelle électorale », Bruno Rieth, publié le 03/12/2014. https://www.marianne.net/politique/dordogne-le-depute-ps-sa-femme-et-la-courte-echelle-electorale
— Sud Ouest, « Cantonales en Dordogne : l’épouse du député Peiro, ex-adjointe UMP, candidate du PS ? », A.V. publié le 03/12/2014. https://www.sudouest.fr/dordogne/le-bugue/cantonales-en-dordogne-l-epouse-du-depute-peiro-ex-adjointe-ump-candidate-du-ps-8439480.php
DIGD L’association pour Défendre l’intérêt Général en Dordogne, aidée par « Le Chat » de Mistral.
Contact : ca_digd@neodigd.fr
Une seule réponse reçue de madame Carline Cappelle
Le 10/03/2026 à 08:30, CAPPELLE Carline a écrit :
Monsieur,
L’appréciation de votre texte dépend du regard qu’on lui porte.
Pour ma part, en tant que femme, j’ai été profondément choquée que sur l'échiquier que vous présentez, il n’y ait que des hommes. Voilà un combat juste, un combat qui serait de nature à vous sortir d’un sujet d’arrière-garde. Seulement 17,5% des maires sont des femmes alors que les listes sont paritaires, trouvez-vous cela normal ? Pas moi. Alors quand une femme a le projet d’occuper un poste de maire, il conviendrait de la féliciter et de l’encourager.
Sur le sujet qui vous préoccupe, oui, protégeons ce beau village de Beynac en déviant cette circulation qui abîme, par les vibrations, la falaise classée en zone rouge. Je crains le pire ayant connu toute petite la catastrophe de La Roque Gageac.
Sincères salutations
Carline CAPPELLE
Conseillère Départementale
Canton Vallée de l’Isle
c.cappelle@dordogne.f
Tel: 06 80 92 35 95
La réponse de DIGD du 11/03/2026 à 19:27
Madame Carline Cappelle,
Je me fais le porte-parole après consultation des sept membres du conseil d’administration de DIGD, composé de trois femmes et quatre hommes, pour vous remercier d’avoir pris le temps de nous répondre. Votre retour est précieux, car il nous permet d’éclaircir certains points et d’approfondir des sujets qui nous tiennent à cœur.
1. Sur la représentation des femmes dans notre illustration
Rédiger le document que vous avez reçu n’a pas été une chose aisée. L’intelligence artificielle française « Le Chat » de Mistral nous a proposé une image générée automatiquement, sans que nous puissions en contrôler les détails. Malgré nos tentatives, il est impossible de modifier légèrement une image existante : chaque nouvelle demande produit un résultat radicalement différent. Après une douzaine d’essais, nous avons choisi celle qui nous semblait la plus proche de notre propos. Une femme figure bien sur la première ligne, à droite de l’échiquier. Vous avez raison de souligner que cette représentation reste insuffisante, et nous le regrettons.
La place des femmes en politique est un combat juste et urgent. Avec seulement 17,5 % de femmes maires en France malgré des listes paritaires, la sous-représentation est un scandale démocratique. Permettez-moi de préciser que, selon nos informations, le maire « conseillé » de s’écarter serait justement une femme… pour permettre l’élection à la présidence de la CCVH d’une autre femme, non choisie pour ses qualités mais en raison des manœuvres peu éthiques de son époux. Cela illustre, hélas, comment le clientélisme et le copinage traversent les genres et corrompent l’égalité réelle.
Pour ma part, je suis profondément féministe. Je suis convaincu qu’une humanité sans la moitié féminine serait restée à l’âge de pierre – et qu’une démocratie sans femmes à égalité n’est qu’une fausse démocratie.
2. Sur le contournement de Beynac et les vibrations
Vous évoquez à juste titre la nécessité de protéger Beynac des vibrations qui fragilisent sa falaise. Mais comment expliquer qu’un président de conseil départemental responsable ait attendu trois ans et demi (de juin 2017 à décembre 2020) pour enfin réaliser un revêtement de qualité éliminant ces vibrations ? Pire : ce revêtement n’a été mis en place qu’après l’arrivée d’une nouvelle municipalité acquise à sa cause. Une coïncidence qui interroge, vous ne trouvez pas ?
La protection du patrimoine et de l’environnement ne devrait pas dépendre des calculs politiques. Les falaises de Beynac méritent mieux que des délais suspects et des travaux tardifs, utilisés comme monnaie d’échange électoral.
3. Sur la case « A Cérou » et ce qu’elle symbolise
Pour terminer, permettez-moi de vous livrer une clé de cet échiquier. Vous voyez au premier plan la case « A Cérou » ? Elle rend hommage à Madame Annick Cérou, une veuve de 70 ans, ancienne coiffeuse, qui habitait une magnifique maison sur la commune de Vézac, près de la Dordogne, sous les remparts du château de Castelnaud-La-Chapelle.
Entre 2010 et le 29 avril 2019 (date de son décès), Annick a subi un harcèlement implacable de la part d’un député-maire déterminé à obtenir un droit de passage près de sa piscine pour rejoindre un terrain enclavé qu’il avait acquis. Nous l’avons rencontrée à plusieurs reprises. Elle nous a décrit le procès gagné en première instance, le cancer déclenché dès la fin 2010, l’impossibilité de suivre l’appel pour des raisons financières, les menaces, le poing sous le menton, l’arrangement obtenu par son frère obligeant à passer loin de la maison, et surtout cette peur viscérale, répétée encore en 2018 : « J’avais peur… j’avais peur. »
Son histoire est un rappel glaçant : le pouvoir mal exercé brise des vies. Et c’est notamment pour éviter qu’une autre Annick ne subisse un tel calvaire que DIGD agit.
Pour conclure
Madame Cappelle, votre sensibilité aux enjeux de parité et de protection du patrimoine est louable. Nous partageons ces combats. Mais ils ne peuvent avancer sans transparence et sans éthique – deux valeurs trop souvent sacrifiées sur l’autel des stratégies personnelles.
Si vous le souhaitez, nous serions ravis d’échanger plus longuement sur ces sujets, ou de vous associer à nos actions pour une Dordogne plus juste. La porte de DIGD vous est grande ouverte. Si vous le souhaitez, nous pouvons vous transmettre, à titre confidentiel, la lettre ouverte préparée en juin 2021, ainsi que le lien vers la vidéo amateur qu’Annick Cérou nous avait autorisés à enregistrer.
Bien cordialement,
Théophile Pardo
Président de DIGD
PS : La Charte de l’élu local rappelle que la probité est un devoir pour tout représentant public. C’est pourquoi DIGD a publié, en 2024, un réquisitoire sur neodigd.fr mettant en lumière les manquements répétés d’un élu à ces principes fondamentaux.