20260119
Lettre ouverte personnelle de Gérard Charollois à Monsieur Germinal PEIRO
Monsieur Germinal Peiro
Président du Conseil Départemental
Hôtel du Département
2 rue Paul Louis Courier
CS 11200
24019 Périgueux cedex
Veyrines de Vergt le, 19 janvier 2026
Lettre ouverte personnelle à Monsieur Germinal PEIRO, Président du département
de la Dordogne,
Monsieur le Président,
Dans la publication « Vivre en PERIGORD », vous prenez à parti des personnes physiques
et des personnes morales que vous qualifiez de conservateurs et autres griefs bien excessifs.
C’est ainsi que vous me mentionnez comme « ancien juge ». Je suis en effet magistrat honoraire de l’ordre judiciaire et, pour ce qui concerne le débat
public légitime, président de la SEPANSO de la Dordogne, association de protection de la
Nature.
Je regrette, ici, à titre personnel, le ton polémique, indélicat, peu respectueux du débat
public traduisant une vision manichéenne dans votre publication départementale.
Je ne me situerai pas à ce niveau et je vous invite à essayer, surmontant la passion, à séparer
le choc des idées, des programmes, des choix de société, toujours respectables, et les
attaques contre les personnes qui abaissent la vie publique.
Il est manifeste que vous souhaitez ardemment créer des infrastructures routières dans la
vallée de la Dordogne, projet pour lequel vous vous investissez pleinement.
Des associations pensent différemment.
Pour elles, ces infrastructures ne sont ni indispensables, ni souhaitables pour le bien public
d’une part, pour la sauvegarde de la Nature d’autre part, pour la qualité de la vie des
habitants actuels et futurs.
Il s’agit-là d’un débat parfaitement conforme à une société démocratique.
Or, en démocratie, des institutions existent pour dire le droit, trancher les différends,
arbitrer les conflits.
Ce sont les juridictions prévues par les lois fondamentales de la république.
La « déviation de BEYNAC » est soumise comme toutes les questions privées ou
publiques aux lois qui régissent une société fondée sur le droit et non sur la violence ou
l’arbitraire.
Il se trouve que les hautes juridictions établies à cette fin ont dit le droit et ont approuvé
l’analyse des associations de protection de la Nature.
Ce n’est-là que le fonctionnement normal d’un état démocratique.
Bien sûr, vous pouvez le déplorer mais il arrive à tout homme public, à tout militant
associatif, syndical ou politique de subir des revers juridictionnels ou autres.
Il faut accepter de vivre dans un état soumis à la prévalence du droit sur des volontés
particulières.
Vous me qualifiez de « conservateur », ce que je ne suis pas et je me permets d’attirer votre
attention sur le fait que dans le monde actuel, et également en France, montent des forces
politiques réactionnaires qui remettent en cause l’état de droit, l’indépendance de la justice.
Aussi, vos critiques acerbes contre les protecteurs de la Nature, contre les juges
administratifs, contre l’autorité de la chose jugée ont bien d’inquiétants échos dans ce
contexte.
Les amis politiques de « TRUMP » nient l’état de droit et substituent leur volonté arbitraire
aux décisions des tribunaux et du droit.
Je sais que vous n’émargez pas à cette idéologie fascisante et populiste, négationniste de
l’état de droit, mais j’attire votre attention sur la convergence de vos propos sur l’affaire
« BEYNAC » et les thèmes de cette idéologie.
Je vous invite, Monsieur le Président, dès lors que vous êtes attaché à la démocratie, c’est-àdire
à la séparation des pouvoirs, à défendre l’état de droit, donc le respect que tout citoyen,
élu ou non, doit aux décisions de la justice judiciaire ou administrative.
Il y a, dans cette affaire, un excès de passion qui vous éloigne des principes mêmes de votre
engagement politique .
Recevez, Monsieur le président, l’assurance de mes salutations.
Gérard CHAROLLOIS
Président de la Sepanso Dordogne
La lettre de Gérard CHAROLLOIS :
DÉFENDONS L’OFFICE FRANÇAIS DE LA BIODIVERSITÉ
20251214
L’Office Français de la Biodiversité (OFB) sert de cible aux réactionnaires et néofascistes qui conchient l’écologie et érigent les nervis agricoles en archétype du « Peuple Français ».
Un syndicat agricole aurait diffusé une vidéo montrant un « jeune agriculteur victime d’un contrôle par l’OFB massacrant un agent de cet office à coups de pelle ».
La droite sénatoriale y voit la preuve que le «Peuple » rejette la police de la Nature, vectrice de ces horribles normes qui protègent les haies, les ruisseaux, la faune, la flore, les milieux naturels et la santé publique.
Pour la droite gangrénée par une dérive illibérale, l’épandeur de pesticides, l’arracheur de haie, le calibreur de ruisseau au tractopelle doit pouvoir produire sans entrave, sans se soucier du sort des espèces vivantes et de la viabilité de la Terre.
Les nervis agrariens ne représentent qu’une infime minorité, mais le réactionnaire voit en eux les dignes représentants du « peuple ».
La droite sert le monde des affaires, de l’argent, de la spéculation au mépris du Vivant.
L’OFB, à l’instar des autres agences publiques au service du bien commun, sont des gêneurs, des partenaires des associations écologistes ennemies de l’exploitant agricole, du promoteur, de l’aménageur de grands travaux inutiles.
Concrètement, lors de l’examen du projet de budget de l’état, le sénat, dominé par les élus réactionnaires, vient de réduire de 26 millions d’euros les crédits de l’OFB, soit une diminution de 4,5%, pour l’an prochain.
Le budget de l’ADEM est amputé de 15 millions d’euros.
Quand les néofascistes seront au pouvoir, ils supprimeront l’OFB, l’ADEM et feront la guerre aux associations de protection de la Nature.
La peste « trumpiste » se révèle une redoutable pandémie.
Cette pathologie se manifeste par un dérèglement psychique avec perte de contact avec le réel, les faits, la raison.
Le cerveau reptilien prend le pas sur le cerveau préfrontal.
Cette maladie abolit tout : la science et l’empathie.
Elle lui substitue une addiction aliénante au culte de l’argent et de la domination.
Citoyens du monde, danger !
Vite, ne manquez pas de vous vacciner contre cette idéologie létale pour l’arbre, l’animal et l’homme !
Gérard CHAROLLOIS
Convention vie et Nature
La lettre de Gérard CHAROLLOIS
LE SCHISME DÉMOCRATIQUE
20251117
Vous contestez un permis de construire dans votre immédiat voisinage, un arrêté préfectoral qui autorise la tuerie d’une espèce animale, un règlement administratif, une déclaration d’utilité publique d’une autoroute.
Vous saisissez le tribunal administratif pour lui soumettre votre contestation.
Un maire, un président de département, de région, un ministre commettent des malversations, des abus de pouvoir, des délits ou des crimes, ils en répondent devant un tribunal judiciaire.
L’article 6 de la Convention Européenne des Droits de l’homme et des libertés fondamentales prévoit que toute personne doit voir sa cause entendue, dans un délai raisonnable, par une juridiction impartiale.
Tels sont les principes de l’état de droit qu’une idéologie perverse remet en cause actuellement.
Nous assistons à un schisme au sein des sociétés démocratiques aussi discriminant que le schisme religieux dans l’Europe du 15ème siècle.
Pour les démocrates, tenant de l’état de droit, les pouvoirs doivent être séparés pour se limiter, se contrôler, se tempérer, selon l’esprit des lois de MONTESQUIEU : pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire.
Emerge, de nos jours, une idéologie « populiste autoritaire » qui nie cette ventilation du pouvoir étatique.
Pour ces « illibéraux », néofascistes, tout pouvoir émane du peuple et la souveraineté du peuple ne saurait comporter de frein, de limite, de tempérament.
Le juge n’a pas le pouvoir, au nom d’un état de droit relativisé, de mettre obstacle à la volonté du peuple.
Si votre maire, votre président de département et a fortiori le chef de l’état décident, nulle autorité juridique dépourvue de toute légitimité na saurait contrarier la volonté de l’élu paré de l’onction du suffrage populaire.
Pour les « illibéraux », un tribunal ne peut pas, contre la volonté du Peuple souverain condamner un élu, annuler ses règlements au nom d’un droit supérieur, des droits de l’homme, des libertés fondamentales d’autrui dès lors que cet autrui se place hors du Peuple souverain en osant contester l’autorité de l’état « illibéral ».
Les extrêmes-droites aux USA et en Europe dans les propos des leaders de cette doctrine, fustigent le pouvoir des juges, les droits de l’hommisme, les cours suprêmes.
Ainsi, j’ai entendu un tel leader français remettre en cause la compétence, pour la France, de la Cour Européenne des droits de l’homme.
Ces tenants du « populisme souverain » s’insurgent contre les tribunaux qui osent condamner les hommes politiques lorsque ceux-ci violent les lois justes bonnes pour les citoyens ordinaires.
Le « trumpisme » est par excellence représentatif de cette idéologie qu’assument en Europe les partis politiques « nationalistes souverainistes ».
En fait, cette invocation du « souverain suprême », au-dessus des principes fondamentaux du droit, n’est que l’annonce d’une dictature.
En effet, aucun parti, aucun élu ne peut se réclamer du Peuple souverain puisqu’il n’est jamais que le représentant d’une majorité relative, fragile, fugace.
Si 40% de citoyens d’un pays accordent au premier tour d’une élection leurs suffrages à un parti, cela ne lui confère nullement le pouvoir de bafouer les droits des tiers, même s’il obtient une majorité de circonstance au second tour des élections.
En démocratie authentique, une minorité d’un jour, majorité du lendemain, peut voir sa cause, ses libertés, ses droits fondamentaux garantis par des juridictions impartiales contre les empiètements de l’état.
Inversement, en régime « National populiste », les « illibéraux », aspirent à la dictature et à la conquête d’un pouvoir qu’ils entendent monopoliser, perpétuer en niant les droits des réfractaires trublions dénoncés comme « révolutionnaires » et « écoterroristes »,
.
La « souveraineté du peuple » brandie par l’extrême-droite n’est que la dictature du duce et de son parti dès lors qu’ils ont obtenu, par accident de l’Histoire, une majorité de 51% des suffrages, un jour de malheur.
Il n’y a de société fondée sur le droit, respectueuse des libertés, que dans la séparation des pouvoirs.
Ma chronique du jour vise à expliciter ce grand schisme contemporain qui n’a rien d’abstrait mais comporte des incidences très concrètes pour les droits des citoyens, des associations, des syndicats, des partis politiques.
Gérard CHAROLLOIS
Convention Vie et Nature
La lettre de Gérard CHAROLLOIS
À propos de politique.
20251104
Ne vous trompez pas de combat.
Je ne fais pas de politique en ce que je ne candidate à aucune fonction élective et laisse aux « copains » le soin de militer dans des partis concourant à la vie démocratique.
Essayons d’élever le niveau des réflexions que nous inspire le naufrage qui s’annonce et une dérive idéologique funeste.
Il m’est indifférent de savoir quel leader d’un jour occupe les palais nationaux et exacerbe sa mégalomanie en voyant son nom au haut de l’affiche.
Il faut dire que nombre des candidats, notamment à la présidentielle, sont de grands malades narcissiques.
En revanche, il m’importe de préserver la Nature et pour ce faire sauvegarder l’Office Français de la Biodiversité (OFB), de promouvoir des normes qui protègent, d’écouter la parole scientifique et rationnelle, de permettre à des tribunaux impartiaux de faire prévaloir l’état de droit sur la loi des forces économiques, d’offrir aux associations et aux personnes physiques des possibilités de recours contre les agressions multiformes contre l’environnement.
Or, en 2027, la France installera très probablement un pouvoir réactionnaire et néofasciste qui annonce sa volonté de supprimer l’OFB, d’abolir les normes, de libérer les affairistes de toute entrave, de retirer le pays de la compétence de la cour européenne des droits de l’homme, de censurer la pensée écologique, la raison et la science.
La France élira, selon ce que j’envisage, un mixte de PETAIN TRUMP POUTINE.
Alors la Nature sera sacrifiée aux appétits des agro-industriels et du monde oligarchique.
La presse sera vendue aux milliardaires idéologiquement dans la ligne, les contre-pouvoirs se verront affaiblis et intimidés car les hommes s’inclinent par nature.
En 1940, tous les magistrats Français jurèrent soumission au maréchal et à son régime à l’exception de Monsieur Paul DIDIER.
J’entends dans la cour de récréation qu’est la vie publique en cette heure :
D’aucuns n’aiment pas les VERTS, les LFI, PLACE PUBLIQUE, les animalistes, les marxistes, les anarchistes, les anticapitalistes, pas même les démocrates.
Réjouissez-vous, vous ne les entendrez plus dans l’Europe des néofascistes.
Demain, vous vivrez dans l’ordre brun gardé par les nervis de l’agrarisme et une police mutée en milice de la répression de la pensée.
Demain, les VERTS, les LFI, les animalistes, les marxistes, les socialistes, les PLACE PUBLIQUE et même les démocrates réfractaires seront des écoterroristes dénoncés par les médias formatés au troupeau sous contrôle.
France INTER sera devenu EUROPE UN et il n’y aura qu’un seul pouvoir : celui du Peuple, c’est-à-dire celui du duce et de son parti devenu le Peuple souverain absolu.
Je ne vous dirai pas si je préfère les VERTS, les animalistes, les LFI, les marxistes, les anarchistes, les démocrates puisqu’on fond je les accueille tous au banquet de la liberté de pensée, d’expression et de mode de vie.
Je respecte infiniment tous les militants qui servent la démocratie et les droits du vivant.
Mais, je déplore qu’il y ait tant de très petits hommes avec de très petits bras qui préfèrent taper sur leur voisin que sur les ennemis de la terre.
Que de vaines querelles dans ce naufrage !
Ne serait-ce pas temps de comprendre et d’unir ?
Gérard CHAROLLOIS
POURQUOI UNE NOUVELLE RÉSISTANCE ?
23 février 2025
Chaque jour nous révèle la gravité des périls qu’un néofascisme planétaire fait courir à la biodiversité, aux droits de l’homme, à la sureté des personnes.
Ce néofascisme ne sort pas d’une taverne bavaroise, ne lance pas des milices bottées et casquées dans les rues, n’esthétise pas la politique.
Il émane des milieux ploutocratiques, de l’affairisme, de la promotion immobilière.
Sa parenté avec son devancier tient à son mépris des droits de l’homme, son exaltation du bon sens contre l’intelligence, son recours à la propagande mensongère, sa détestation de la raison, de la science, de l’empathie, son populisme anti-élitiste.
Au siècle passé, le fascisme voyait des « communistes » partout et harcelait les démocrates, les socialistes, les réfractaires à ses dictatures.
Les néofascistes d'aujourd'hui substituent dans leur haine l’écologie au socialisme et font du mépris de la Nature leur fond de commerce électoral et idéologique.
TRUMP veut « forer et forer encore » pour extraire la dernière goutte de pétrole, veut des pailles en plastique et, accessoirement, confisquer les ressources minières de l’Ukraine, annexer le Groenland et le Canada. Pas le Mexique, car les Sud-Américains sont des immigrés indésirables.
WAUQUIEZ veut violer la loi de la république en bétonnant à outrance en violation du « zéro artificialisation nette » et demande la dissolution de l’office français de la biodiversité qui tourmente les « braves exploitants agricoles » avec des normes qu’il faut abattre.
Cette guerre faite à la Nature par les réactionnaires s’accompagne d’un recours systématique à la désinformation, à l’abrutissement complotiste, à la dénonciation des juges, des journalistes honnêtes en quête des faits, des intellectuels, des scientifiques, de tous ceux susceptibles de contrarier leur pouvoir arbitraire, leurs prévarications et même leurs crimes.
Parvenus aux pouvoirs suprêmes dans de grands états, ils menacent les juges et fonctionnaires de la Cour Pénale Internationale parce que la CPI ose décerner des mandats d’arrêts internationaux à l’encontre de dirigeants de l’internationale néofasciste, par ailleurs criminels de guerre.
Comme leurs prédécesseurs, les néofascistes jouent le «Peuple» contre les élites.
Pour eux, le Peuple est une entité monolithique.
Comprenez, le peuple se limite à leurs partisans et leur chef.
Dès lors, face au « Peuple » tout doit céder. Il n’y a plus d’état de droit, de liberté, de vérité pour les « ennemis du peuple », tous ceux qui pensent mal.
Aucun contre-pouvoir, aucune juridiction, aucune voix ne doit contrarier le peuple, c’est-à-dire eux érigés en souverains suprêmes devant lesquels tout cède.
Écoutez les médias aux mains des néofascistes : Vous entendrez en permanence cet appel au « Peuple » contre les déviants, les empêcheurs d’exploiter, de brimer, d’écraser.
Tout ce qui dérange le parti, son chef, la ploutocratie oligarchique et qui résiste doit être éliminé.
L’opinion sera sous contrôle grâce à la maîtrise des médias.
Défiez vous de tout politicien prétendant parler au nom du « peuple », entité qui n’existe pas.
Nos sociétés sont plurielles et sur tout sujet, vous rencontrez des « pour » et des « contre » avec des majorités relatives et très fluctuantes.
Ceux qui prétendent agir au nom du « Peuple » visent leur propre dictature.
Les néofascistes n’aiment pas le droit, les normes, les garanties juridiques, les institutions protectrices des libertés et des personnes car, à l’instar de ce que fut le nazisme, le seul droit qui vaille est la volonté du « peuple ».
Démasquez les néofascistes par une simple observation : ils veulent retirer la France de la compétence de la cour européenne des droits de l’homme, comme ailleurs, ils récusent toutes les cours supranationales.
Les droites, dans cette ligne idéologique contre Nature, adoptent une loi française sur l’orientation de l’agriculture, triomphe des pesticides, du permis de détruire la biodiversité pour flatter, non pas le « peuple », mais la frange la plus arriérée de la société.
Les paysans instrumentalisés par les milieux affairistes seront victimes de ce productivisme forcené via les pathologies induites par les biocides et la disparition programmée des paysans qui étaient cinq millions après la guerre et qui seront cent cinquante mille dans dix ans.
Quant à la vie sauvage, elle se meurt partout sur la planète, victime de la politique des exploiteurs sans conscience, véritable pègre qui putréfie les états.
Les dirigeants néofascistes à la tête des empires agissent en gangsters imposant leurs pillages aux autres états et créant une nouvelle internationale mafieuse.
Cette internationale néofasciste réussira-t-elle ce dont rêvaient les dictateurs du siècle passé ?
Elle est plus dangereuse en ce que le contrôle des cerveaux par la propagande est plus efficace que celui des rues par des sections d’assauts.
Et voilà pourquoi j’appelle à une nouvelle Résistance, depuis quelques années déjà.
Cette Résistance doit être culturelle et fondée sur le démontage du mécanisme d’abrutissement à l’œuvre.
I l faut expliquer aux hommes, contre la presse achetée par les milliardaires réactionnaires, que les normes protègent, qu’il n’y a pas de boucs émissaires, que les oligarques ne servent pas les intérêts de « ceux qui se lèvent tôt », que les pauvres gens ne sont pas des parasites sociaux, que l’assistanat s’appelle la solidarité, que la Nature nous menace par sa mort et non par son exubérance, que la Vie vaut plus et mieux que l’argent.
L’esprit de Résistance transcende les partis, les syndicats, les associations et les appartenances ethniques ou nationales.
Alerte, amis Résistants : la nuit tombe sur le monde.
Réveillez-vous !
Gérard CHAROLLOIS
Convention Vie et Nature
L’AFFAIRE BEYNAC : UNE INSULTE À L'ÉTAT DE DROIT
25 septembre 2024
Un homme politique, Monsieur Germinal PEIRO, élu territorial, fils d’un élu territorial, un temps député de la Dordogne puis président de ce département, milite passionnément, ardemment, pour la création d’une route de déviation du village de BEYNAC impliquant la réalisation de deux ponts de franchissement de la rivière Dordogne. Au stade initial, rien de répréhensible concernant le souhait de l’élu.
Je ne personnalise jamais mes combats pour le vivant car je n’ai rien contre les personnes. Si je mentionne ici l’identité du président du département de la Dordogne, c’est que cet élu mit toute son énergie, sa volonté, sa pugnacité à voir se réaliser la « déviation de BEYNAC ».
Le 29 janvier 2018, il obtient un arrêté préfectoral autorisant cet ouvrage que contestent les associations locales de défense du site ainsi que l’association départementale de protection de la nature : la SEPANSO de la Dordogne. Ces associations saisissent immédiatement les juridictions administratives de recours au fond, en annulation de l’arrêté du 29 janvier 2018 et en référé en suspension.
Le département entreprit, à marche forcée, les travaux jusqu’au 28 décembre 2018, date à laquelle le conseil d’état, en référé, suspendit l’arrêté en examinant au fond le litige, sur l’absence d’intérêt général.
En lecture de cette décision, le tribunal administratif de BORDEAUX annula, au fond, l’arrêté préfectoral et la cour administrative d’appel confirma cette annulation le 10 décembre 2019 ajoutant une obligation de démolition des travaux engagés.
Saisi d’un recours en pourvoi contre cet arrêt par le département, le conseil d’état rejeta le recours le 29 juin 2020.
En droit, dans un état impartial, l’affaire était terminée. Le juge avait dit le droit.
Mais la « déviation de BEYNAC » est l’enjeu essentiel pour Monsieur Germinal PEIRO, président du département. Il fulmine contre ces arrêts et organise des manifestations de rue, en appelle à toute la classe politique et refuse de démolir invoquant des difficultés techniques.
Tout leader politique passant en Dordogne est sollicité pour soutenir le projet de Monsieur PEIRO. Les conseils municipaux sont invités à soutenir l’élu. Des tiers activèrent des relais dans les ministères pour tenter de faire inclure des dispositions dans deux projets de lois pour favoriser la « déviation de BEYNAC » (article 4 de la loi sur l’accélération des énergies renouvelables ; article 10 de la loi sur les industries vertes). Le parlement écarte fort heureusement ces annexes.
Le président du département dépose de nouveaux projets de déviation de BEYNAC comportant à l’identique les mêmes ouvrages (la route et ses deux ponts). Il cherche très laborieusement un élément nouveau pouvant permettre de contourner l’autorité de la chose jugée. Les années passent et le département ne démolit pas les ouvrages réalisés, nonobstant l’arrêt de la cour administrative d’appel.
Aussi, celle-ci prononce des astreintes par jour de retard à débuter les travaux de démolition, puis à les achever avant une date déterminée et les liquide à deux reprises condamnant le département à deux millions d’euros de pénalités.
L’arrêt du 16 avril 2024 indique que le département ne peut pas s’abriter derrière de nouveaux projets identiques pour ne pas exécuter la décision rendue.
Le département présente actuellement un projet fantaisiste dénommé « Boucle multimodale ». Il s’agit de la déviation de BEYNAC, à l'identique, à laquelle le porteur de projet ajoute quelques fioritures totalement étrangères à une autorisation préfectorale préalable.
Les seuls ouvrages envisagés sont ceux de la « déviation de BEYNAC, avec sa route et ses deux ponts. Pour décor, le département indique qu’il va augmenter la desserte ferroviaire d’une gare avec des navettes permettant le transport des touristes sur divers sites locaux. Or, la gare existe et le train y passe déjà. Pour faire arrêter des trains et organiser des transports par cars électriques ou non, point n’est besoin d’autorisation préfectorale. Les ouvrages existent déjà et n’exigent aucune construction nouvelle.
Les seuls travaux litigieux sont ceux condamnés définitivement par la justice administrative après épuisement des voies de recours.
D’ailleurs, eu égard à la nature du tourisme local, il est peu probable que l’activité ferroviaire et des navettes de transports collectifs puissent être mis en œuvre. Il ne s’agit-là que d’un habillage destiné à tromper ceux qui veulent bien l’être. «La « boucle multimodale » n’est rien d’autre que la « déviation de BEYNAC » sans la moindre modification.
L’autorité de la chose jugée suffit à condamner le projet.
Examinons, toutefois, l’intérêt général d’une telle infrastructure. BEYNAC n’est pas un site accidentogène. Le trafic routier est sans augmentation depuis une trentaine d’années et faible à l’exception de trois semaines en août sans atteindre un niveau supérieur à ce qu’il est dans tous les sites touristiques du PERIGORD. Aucun élément objectif ne justifie qu’il soit porté atteinte à la biodiversité, aux paysages exceptionnels de la vallée de la Dordogne, site classé au titre du patrimoine universel par l’UNESCO.
Ce qui est remarquable est l’intensité de la pression politique en cette affaire. Nombre de partis politiques, d’élus ou anciens élus, opinent en faveur du projet de leur collègue qui met toute son énergie à obtenir sa déviation.
Les commissaires enquêteurs ont rendu sur le projet « Boucle multimodale » un rapport qui n’est qu’un plaidoyer en faveur du département, dénigrant les opposants au projet qu’ils osent qualifier de « nouveau », oubliant que la justice a ordonné la démolition d’ouvrages qu’ils proposent de maintenir et d’achever !
Quel crédit attacher à de tels rapports ?
A l’heure où j’écris ces lignes, le préfet de la Dordogne n’a pas rendu sa décision Il est probable qu’eu égard à la pression politique, il prendra un arrêté autorisant la déviation de BEYNAC, au mépris des décisions juridictionnelles.
Que fera le juge, garant de l’état de droit ?
La question est d’importance pour la probité publique.
Tout citoyen « ordinaire » porteur d’un quelconque projet aurait été éconduit fermement par l’administration s’il s’était avisé de déposer un nouveau dossier reprenant ce que le conseil d’état avait censuré au fond.
La mobilisation de réseaux politiques impliquant des ministres et des élus peut-elle triompher de l’autorité de la chose jugée ? Les citoyens sont-ils égaux devant les arrêts des cours ?
Ce litige oppose la volonté de politiques aux protecteurs de la Nature.
Mais il va bien au-delà. La justice a statué. Sa décision déplaît à Monsieur Germinal PEIRO qui a bien sûr la liberté légitime de déplorer l’issue d’un long procès.
Mais l’état peut-il s’affranchir du respect du droit ?
La « Boucle multimodale » n’est qu’une grossière mascarade, un paravent transparent derrière lequel les décideurs tentent de violer les arrêts des juridictions.
En cela, l’affaire restera exemplaire et décisive sur la nature de la république.
Existe-t-il encore des fiefs, fussent-ils électoraux, ou bien les citoyens sont-ils égaux devant les autorités publiques ?
Nous voudrions croire que le droit triomphera sur les intrigues et pressions politiques et que le juge administratif censurera la manœuvre.
Il y va de la confiance dans les institutions.
Gérard CHAROLLOIS Président de la SEPANSO de la Dordogne
QUAND LES ENNEMIS DE LA TERRE BRACONNENT LE LOUP ET LA DÉMOCRATIE
22 septembre 2024
Après 60 jours de manœuvres politiciennes, le président des lobbies sombre à droite.
Il a passé un pacte avec le RN, qui s’est engagé à ne pas censurer immédiatement un gouvernement conservateur.
Le « Front Républicain » des dernières élections est trahi.
Bien sûr, le RN, qui de fait soutient le gouvernement BARNIER, se garde de participer, puisqu’il se met en « réserve », non pas de la République, mais de la ploutocratie.
Concrètement, le ministère de l'Intérieur échoit à M. Bruno RETAILLEAU, personnage de la droite dure, viscéralement anti-écologiste, pro-chasse, pro-tauromachie, accessoirement adversaire du mariage des personnes de même sexe et de l'interruption volontaire de grossesse.
Avec lui, les pacifiques manifestants contre les grands travaux inutiles seront réprimés en qualité d’écoterroristes et seront dénoncés à la vindicte du « parti de l’ordre » nouveau.
La société dérive progressivement vers un néofascisme qui restreindra la liberté de dénoncer les injustices, les cruautés et les agressions contre la Nature.
Alors, comprenez-vous, amis lecteurs, pourquoi j’invite à l’esprit de Résistance ?
Attention : je dis Résistance par la parole, l’écrit, le refus de collaborer, mais sans violence, dans le strict respect de la légalité, car les néofascistes seraient bien trop heureux de vous frapper si vous vous avisiez de commettre la moindre pécadille.
La FNSEA et la Coordination Rurale peuvent casser, incendier, violenter car ils sont aux côtés des réactionnaires, ennemis de la Terre.
En revanche, malheur à ceux qui osent bouger pour un monde meilleur.
Ce qu’il faut, c’est démonter le mécanisme institutionnel par lequel les serviteurs des lobbies anesthésient les citoyens, bafouent la démocratie, servent des intérêts corporatistes et interdisent toute alternative.
La Résistance n’appelle pas un parti, une chapelle, un groupuscule de plus, mais inversement, comme en 1940, l’unité de tous ceux qui veulent rétablir la démocratie et sauver le Vivant.
L’arbre, l’animal et l’homme d’abord !
Remarque : le ministère de l’écologie comporte une seule collaboratrice de la ministre.
Quelle est sa mission officielle ?
La protection de la biodiversité ?
Non, bien sûr. L’énergie ! Donc l’intérêt des firmes.
Il y a plus de trois milliards d’années que la vie est apparue sur la Terre, d’abord sous forme de molécules d’ARN, puis de bactéries, de cellules photosynthétiques, puis de cellules eucaryotes, il y a un milliard six cent millions d’années.
Il est remarquable que la vie ait réussi à surmonter les catastrophes qui faillirent l’anéantir : Terre boule de neige pendant des millions d’années, atmosphère toxique par les explosions volcaniques sources de gaz létaux.
Homo, trop peu sapiens, n’existe que depuis trois cent mille ans mais cette espèce prédatrice et déprédatrice se révèle un cataclysme biologique pour le Vivant.
Cette espèce domine, exploite et asservit tout à ses seuls intérêts insatiables.
Elle couvre de ses lèpres tous les continents, pollue les océans, souille les plus hautes montagnes, élimine les autres espèces au nom du profit, du sadisme et de son ignorance.
Des centaines d’espèces ont disparu de son seul fait.
Sans l’homme, les grands mammifères de la dernière glaciation seraient encore là.
Le dernier auroch fut tué en Pologne en 1617, victime des armes à feu.
Nous compromettons la biodiversité, brûlons les forêts, épuisons les mers, artificialisons tout et partout, nous persécutons la Vie.
Une prise de conscience s’amorce, mais beaucoup trop lentement pour inverser les extinctions à l’œuvre.
Culturellement, la société progresse mais politiquement, nous subissons une phase de régression éthique majeure parce qu’une fraction des populations élit des ennemis de la Terre, sans le savoir.
Ceux qui nous gouvernent tuent, polluent, bétonnent, bitument, exploitent et méprisent la justice sociale, l’humanisme et le respect du Vivant.
La preuve par le loup.
Combien de citoyens le savent en les élisant ?
Soyons unis, avec tous ceux qui combattent les ennemis de la Terre : c’est cela la Résistance.
Gérard CHAROLLOIS
Convention Vie et Nature
BEYNAC : Un si grand feuilleton.
11 septembre 2024 L’affaire de la « déviation de BEYNAC » illustre les failles de l’état de droit et le poids des réseaux politiques dans une république fragile.
Rappelons les faits.
Un élu local souhaite ardemment une route nouvelle dans la pittoresque et préservée vallée de la Dordogne impliquant deux ponts de franchissement du fleuve.
Devenu président du département, il obtient le 29 janvier 2018 un arrêté préfectoral l’autorisant à réaliser son ouvrage.
Les associations de protection de la nature (SEPANSO) et de défense de la vallée exercent des recours devant le juge administratif pour faire annuler l’autorisation au nom de la sauvegarde du site exceptionnel riche de biodiversité et d’Histoire, classé à ce titre au patrimoine.
Sans attendre l’issue des recours, le président du département force l’allure et engage les travaux coulant notamment des piles de ponts dans le lit de la Dordogne.
Le 28 décembre 2018, le conseil d’état, statuant en référé, suspend les travaux et le juge administratif, au fond, annule en avril 2019 l’arrêté préfectoral litigieux, décision confirmée par arrêt de la cour d’appel de BORDEAUX le 10 décembre 2019 qui ordonna en outre la démolition des ouvrages trop hâtivement entrepris. Le conseil d’état rejeta le pourvoi du département le 29 juin 2020.
Dans un état de droit, l’affaire était terminée.
Mais, l’élu local veut sa route et tergiverse à démolir les travaux et exerce des pressions multiformes pour obtenir une nouvelle autorisation pour réaliser la « déviation de BEYNAC ».
Passons rapidement sur les décisions juridictionnelles qui intervinrent et qui condamnèrent la collectivité territoriale à des astreintes faute d’avoir exécuté la démolition ordonnée.
Tout homme politique passant dans le département est sollicité au soutien du projet cher à l’élu local jusqu’au chef de l’état.
Le département, dans ses publications à destination des habitants, chante les louanges de son projet, organise des manifestations, en appellent aux conseils municipaux du département.
Enfin, il invente une « boucle multimodale », nouveau projet de déviation de BEYNAC.
C’est à l’identique le même projet, avec es mêmes assiettes territoriales, les mêmes infrastructures dont les ponts dont la juridiction administrative a ordonné la démolition au terme d’un arrêt devenu définitif.
« Boucle multimodale » n’a pas de sens.
Le département remet le même projet entre les mains de l’état y ajoutant des fioritures étrangères à toute autorisation spécifique du préfet tels que réanimation d’une gare, navette de desserte ferroviaire, sens unique dans la traversée d’un bourg.
Ces fioritures seront-elles d’ailleurs réalisées et réalisables ou purement décoratives et sans perspective de véritable mise en oeuvre ? La question peut être posée mais ne présente aucun intérêt.
En pratique, le président du département refuse les décisions de la justice administrative, tergiverse pour démolir les ouvrages et entend, contre l’autorité de la chose jugée, obtenir l’œuvre à laquelle il aspire.
Le préfet n’a pu qu’ordonner une enquête publique dont les résultats ont été délivrés le 9 septembre et qui est un modèle de plaidoirie maladroite parce qu’excessive !
La réfutation est évidente :
Il en résulte, assertion hâtive, que les habitants sont favorables au projet, très nouveau, très d’utilité publique avec nécessité de conserver les piles de ponts qui doivent être détruites selon l’arrêt de la cour administrative d’appel.
Or, observons, objectivement, sans contestation possible, que le village de BEYNAC n’est pas un site accidentogène en Dordogne.
La circulation n’y est chargée que durant trois semaines en août à l’instar de ce qu’elle est dans tous les sites touristiques.
Le projet n’a strictement rien de nouveau puisqu’il réitère l’ancien projet condamné par la justice.
Un éléphant était dans la pièce et les commissaires enquêteurs n’ont vu que les guirlandes sur son dos.
Que fera le préfet ?
Ce haut fonctionnaire n’est pas en cause.
Il représente l’état, donc le gouvernement, donc les politiques.
C’est le juge qui devra trancher et faire prévaloir le droit et la vérité des faits.
Un ancien président de la république, la présidente de la région Occitanie, connue pour son implication dans le scandale de l’autoroute A 69, nombre d’élus locaux proches du président apportent leurs soutiens à leur collègue passionnément attaché à sa route de BEYNAC.
C’est leur liberté.
Est-ce que cela peut altérer l’état de droit ?
L’affaire BEYNAC met à l’épreuve les institutions.
Il est évident que si un citoyen « ordinaire » porteur d’un projet quelconque revenait devant l’administration pour solliciter une autorisation contraire à six décisions de justice définitives, il se verrait éconduit.
Il n’y a aucun intérêt public à bitumer la vallée de la Dordogne mais, inversement, il est de notre devoir de la préserver des aménagements routiers excessifs.
Il est aussi d’intérêt public majeur de faire prévaloir l’état de droit.
Gérard CHAROLLOIS
Président de la SEPANSO de la Dordogne